#AEFE en danger

 

aefe-carte-2017-2018Suite aux décisions budgétaires prises récemment, et en soutien à la mobilisation engagée ce 27 novembre dans l’ensemble du réseau des lycées français à l’étranger, les associations des français à l’étranger, les conseillers consulaires, les parents et les enseignants élus dans les diverses instances du Lycée Français René Cassin d’Oslo (Norvège) se sont concertés et ont tenu à exprimer, dans la lettre ci-jointe, leurs inquiétudes quant à l’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger. Cette lettre sera adressée à l’ensemble des acteurs en charge du dossier.
Cette lettre est le fruit d’une coopération collective, toutes sensibilités confondues.
Je remercie tout particulièrement Isabelle Monceyron-Røren, enseignante au lycée René Cassin, et Fabrice Lapique, président du conseil de gestion, pour leur apport dans la rédaction de cette lettre.

 

28 novembre 2017

Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères,

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Monsieur le Directeur de l’AEFE,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Au nom des personnes qu’ils représentent, les conseillers consulaires, les représentants des associations des Français de l’Etranger, les  représentants des parents et les représentants des organisations syndicales qui siègent dans les diverses instances du Lycée Français René Cassin d’Oslo (Norvège)  souhaitent vous alerter à propos de l’annulation récente de 33 M d’euros sur le budget en cours de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE)  ainsi que des restrictions budgétaires prévues pour les années à venir et vous demandent solennellement d’agir en faveur du maintien des moyens accordés à l’AEFE.

Les établissements du réseau AEFE permettent aux familles expatriées françaises de faire poursuivre à leurs enfants une scolarité cohérente dans un système scolaire de qualité et aux familles étrangères d’acquérir  une connaissance fine non seulement de la langue française mais aussi de sa culture. Ces établissements sont des modèles de réussite en matière de plurilinguisme, de multiculturalisme et d’ouverture sur le monde.

Nous défendons une politique publique ambitieuse de l’éducation française à l’étranger car elle est un des éléments fondamentaux du “soft power” de la France et un investissement d’avenir par sa triple mission : l’éducation universelle pour les enfants français, la coopération éducative, la promotion des échanges entre la France et l’étranger.

Or, les restrictions budgétaires annoncées mettent en péril les établissements de l’AEFE. Ceux-ci ont déjà fait beaucoup d’efforts ces dernières années du fait de la suppression d’un bon nombre de postes d’expatriés puis de résidents  et du fait de la mise en place d’une contribution financière complémentaire calculée sur le produit des frais d’écolage (6 %  à partir de 2008 et maintenant 9 % annoncés pour 2018). Au lycée Français René Cassin, depuis les années 2000, nous avons perdu 7 postes d’expatriés enseignants ainsi que le poste de gestionnaire comptable. Ces postes n’ont pas tous été remplacés par des postes de résidents. Et maintenant, nous constatons que ce sont les postes de résidents qui, à leur tour, sont retirés aux établissements.  A Oslo, nous en perdons un, dès la rentrée 2018 et sommes conscients que, dans l’état actuel des choses, nous risquons d’en perdre d’autres.

Les suppressions de postes successives et les augmentations de la contribution complémentaire ont pour conséquence un net  alourdissement des frais d’écolage. Ces 10 dernières années, les familles ayant scolarisé leurs enfants dans notre établissement ont vu leurs frais de scolarité augmenter de 150%  et nous voyons désormais nos effectifs chuter de façon inquiétante.

Par ailleurs, notre établissement est lié par un accord bilatéral qui prévoie  une contribution  de l’État norvégien. Après un long dialogue et un fort lobbying, ce dernier propose dans sa loi des finances qui doit être votée courant décembre d’augmenter de manière conséquente sa contribution. La suppression d’un poste de résident et l’augmentation de la contribution financière complémentaire envoie malheureusement un signal négatif sur l’engagement de la France et ce, à un moment crucial.

Enfin, lorsqu’un poste de résident est supprimé (un résident est un titulaire de l’Éducation Nationale) et qu’il doit être remplacé par un poste de recruté local, nous n’avons pas l’assurance de trouver dans le vivier local des enseignants ayant les qualifications requises. Comment, dès lors, garantir un enseignement conforme aux exigences institutionnelles émanant de l’Éducation Nationale si les établissements français de l’étranger ne parviennent pas à recruter des enseignants titulaires ? L’École Française d’Oslo a été fondée en 1961 mais ce n’est qu’à partir du moment où l’AEFE a été créée, soit 30 ans plus tard, que la partie « Lycée » du second degré a pu être ouverte.

Nous nous adressons donc à vous afin que vous agissiez en faveur des établissements français de l’étranger, qui contribuent beaucoup à la grandeur de la France et à la diffusion de sa langue et de sa culture. Nous demandons que l’amendement voté en commission des finances du Sénat qui réalloue 30 millions d’€ au budget de l’AEFE soit inclus à la Loi des Finances finale afin de permettre à l’Agence et aux établissements de s’organiser en conséquence et de préserver l’attractivité de notre réseau dont la population a des revenus très variables.

Plus généralement, un plan stratégique sur le statut, la mission et les moyens de l’AEFE doit être engagé pour, demain, défendre la démocratisation de l’accès à ce réseau, ses capacités de projections, la qualité de son enseignement et de ses capacités d’accueil.

Nous souhaitons être rassurés sur la place de nos établissements français de l’étranger dans vos axes de priorités.  Nous avions, en effet, compris à la lecture de votre programme, que nous faisions partie intégrante de la dynamique de développement du rayonnement de la France à l’étranger et que nous serions soutenus dans cet effort.

Dans l’espoir d’être entendus dans la validité de ces demandes, nous vous prions de croire en l’assurance de nos très respectueuses salutations.

Solidairement,

Le Président du Conseil de Gestion             FdM-ADFE Norvège                                       

Fabrice Lapique                                                  Fabrice Eroukhmanoff

UFEN                                           SNES-FSU                           SNUipp FSU

Gérard Pignatel                        Isabelle Monceyron         Anne Bouillin

Les Conseillers Consulaires

Claire Ménard          Stéphane Mukkaden         Gérard Pignatel

Copies :

  • Monsieur l’Ambassadeur de France en Norvège

  • Monsieur le Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle

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