Les systèmes de santé dans le monde

les-inegalites-sociales-de-santeEn 2013, le Ministère des Affaires étrangères a mené une enquête sur “l’expatriation des Français”. Sur les 9 000 personnes expatriées consultées, le système de santé français faisait l’objet d’un quasi plébiscite parmi les principaux sujets d’intérêt.  La Sécurité sociale est une composante essentielle du système de protection sociale. Ce dernier repose sur des principes de solidarité et d’universalité qui visent à garantir à chacun et chacune une protection financière contre les aléas de la vie. Les français, en France ET à l’étranger, sont attachés à l’universalité de l’assurance maladie, et se préoccupent particulièrement des deux points suivants lorsqu’ils quittent nos frontières :

– Quel sera le coût du système de santé ?

– La possibilité de bénéficier là où ils habitent du bon soin au bon moment?

Le système de santé est défini comme incluant «toutes les activités dont le but essentiel est de promouvoir, restaurer ou entretenir la santé». Chacun devrait avoir accès aux services de santé dont il a besoin sans être réduit à la pauvreté en raison de leur coût excessif. Cela suppose un système de santé solide et efficace ; l’accès aux médicaments et aux technologies sont essentiels et un personnel de santé motivé, doit être en nombre suffisant. Dans la plupart des pays, la difficulté consiste à savoir comment étendre les services de santé pour satisfaire des besoins croissants avec des ressources limitées.

Comparaison entre les différents pays du monde

D’après l’OMS, l’espérance de vie moyenne mondiale connaît une forte progression, ce qui laisse supposer que la qualité des soins tend également à augmenter. Toutefois, les classements des systèmes de santé dans le monde montrent que ce sont les pays à haut revenu qui sont les mieux lotis. Les frais de santé y sont aussi souvent particulièrement élevés.

La réalité de l’accès aux soins varie de façon très importante d’un pays à l’autre. 89% des prestations sociales sont versées en Europe sans condition de ressources, ce qui traduit un fort attachement à la solidarité.

Euro Health Consumer Index (EHCI) : classement des 35 pays européens en fonction de la qualité de leur système de soins ( 48 indicateurs).

Les soins de santé en Europe s’améliorent constamment : la mortalité infantile ainsi que le taux de survie des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et du cancer évoluent dans la bonne direction. Mais ces améliorations ne concernent pas tous les pays en Europe.

Il y a une assez forte homogénéité des situations entre la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et même le Canada.

Les pays de l’Europe du Sud, tout comme le Royaume Uni, consacrent une part très inférieure de leur PIB à la santé. Les exemples du Portugal et de l’Espagne sont assez intéressants.

Au Portugal, en 1974, la révolution des œillets » a inscrit dans la Constitution le droit à la santé. Ce texte prévoyait un système public pris en charge à 80% par l’État, le solde étant financé par un ticket modérateur. Le dispositif a donné des résultats spectaculaires, notamment en matière de baisse de la mortalité infantile. Mais les restrictions budgétaires des années 2000 ont considérablement modifié le système de santé, allongeant les listes d’attente et provoquant l’apparition d’un secteur privé auquel cotisent 16% des portugais, souvent réservé aux plus fortunés.

Au Royaume-Uni, le National Health Service donne accès gratuitement au réseau public de soins, mais il est engorgé, en particulier à Londres, et subit une pression financière forte. Il en résulte un système à 2 vitesses avec un secteur privé réservé à ceux qui peuvent payer.

Dans le classement annuel Bloomberg Most Efficient Health Care 2014, qui passe au crible un grand nombre de pays dans le monde, l’Asie, notamment Hong Kong, Singapour ou le Japon, apparaît comme le grand vainqueur de ce palmarès alors que les États-Unis sont parmi les plus mauvais élèves.

Les États-unis disposent d’un système couteux, peu performant et extrêmement inégalitaire avec un système public et des assurances privées qui engloutissent une part non négligeable du PIB. Malgré l’Obamacare, qui a permis à plus de 47 millions d’américains, jusque là sans protection, d’être couverts, le système reste l’un des plus inégalitaires au monde.

Dans les pays à faible revenu, en Afrique subsaharienne notamment, les dépenses totales en santé s’élèvent à 28 US$ par personne et par an selon les dernières estimations de l’OMS (2010), alors que 60 US$ en moyenne sont nécessaires pour assurer l’accès aux interventions essentielles. Cette situation est d’autant plus préoccupante que ces dépenses sont en grande partie assurées par les ménages (53% des dépenses en Afrique et 65% en Asie du Sud-Est sont d’origine privée). Certains, très vulnérables face à des frais importants, renoncent aux soins, les différent ou basculent : chaque année, 100 millions de personnes tombent dans la pauvreté parce qu’elles doivent payer des frais de santé.

Depuis que la communauté internationale a adopté les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en 2000, le montant total de l’aide publique au développement allouée à la santé a plus que doublé. Pourtant, dans de trop nombreux pays, l’accès aux services généraux de santé stagne à un niveau intolérablement bas. Dans un cercle vicieux, l’OMS observe que les systèmes de santé trop faibles ont limité l’impact sanitaire des initiatives mondiales.

Il est de plus en plus communément admis, comme le souligne l’Agence Française de Développement, que les pouvoirs publics doivent s’appuyer sur des systèmes de santé dotés de ressources humaines qualifiées en nombre suffisant, de financements adéquats dans la durée, de médicaments accessibles au plus grand nombre, d’infrastructures entretenues et équipées, de systèmes d’information efficients… Ceci afin de préserver et améliorer la santé des populations dans le monde et l’efficacité des stratégies de lutte contre les maladies et de réduction de la mortalité maternelle et infantiles. Ces systèmes de santé doivent également s’appuyer sur des politiques de santé efficaces, des mécanismes de paiement des soins équitables, ainsi que des partenariats entre les secteurs public et privé.

Le défi pour une bonne protection sociale reste le même depuis 1945, assurer à l’ensemble des citoyens les mêmes droits face à la maladie.

 

Sources: OMS/EHCI

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