Le droit à l’interruption volontaire de grossesse

Annonce_1_campagne_IVG1Le 17 janvier 1975, après des débats passionnés voire violents, la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) entra en vigueur en France. 40 ans plus tard, l’IVG s’invite à nouveau dans la campagne présidentielle, suite aux déclarations du candidat des Républicains, François Fillon, se disant philosophiquement contre l’avortement, tandis qu’au Front national, les dirigeants politiques contestent ouvertement le droit au remboursement de l’IVG. Les positions se sont tendues récemment au Parlement à l’occasion du débat autour de l’amendement de la loi visant à étendre le délit d’entrave numérique aux sites Internet se présentant comme «pro-vies». Les femmes françaises assistent à la remise en question d’un droit, qui semblait acquis et pour lequel elles doivent encore lutter, comme l’a démontré la Marche Mondiale des Femmes du 21 janvier dernier.

Malgré les attaques d’une partie de la droite européenne, le droit à l’IVG reste la règle dans la majorité des pays de l’UE. Si, finalement, la Pologne a renoncé à interdire complètement l’avortement le 5 octobre 2016, le pays n’autorise toujours pas l’interruption volontaire de grossesse (IVG), à l’exception de viol, d’inceste et de malformations fœtales. C’est sur ces trois cas que voulait revenir la majorité conservatrice, qui y a donc renoncé après une forte mobilisation populaire contre ce projet.

Au sein de l’Union européenne (UE), le droit à l’IVG reste cependant plutôt la règle que l’exception : plus de 85 % des Etats membres autorisent l’avortement. Néanmoins, les justifications nécessaires (médicales notamment) peuvent varier, de même que la facilité d’accès à l’IVG. Outre la Pologne, quatre autres pays européens n’autorisent pas l’IVG, sauf circonstances exceptionnelles : l’Irlande, Chypre, Andorre et Malte.

Dans le reste du monde, les législations sont très variables. Elles passent de l’interdiction totale à l’avortement sur simple demande. Seuls 61 Etats autorisent l’IVG sans restriction. Seulement 39,5 % des femmes dans le monde ont pleinement accès à ce droit. De ce fait, plus de 21 millions d’avortements clandestins sont pratiqués dans le monde par an (sur 43,8 millions d’avortements au total), engendrant près de 47 000 décès consécutifs, généralement dans les pays en développement.

Près de 3 millions d’avortements non médicalisés ont lieu chez les jeunes filles de 15 à 19 ans chaque année, ce qui contribue à la mortalité maternelle et entraîne des problèmes de santé durables. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de décès chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans.

Dans de nombreux Etats, malgré la possibilité légale d’interrompre une grossesse, il est de plus en plus difficile de trouver un centre, un médecin pour le faire. La pression des « pro-vies » est grandissante. 40 ans après et malgré une législation parmi les plus avancées du monde, l’avortement en France reste un droit qu’il faut encore défendre.

 

( Source : Données chiffrées de l’OMS)

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